L’actualité de MyCercle

Jérôme Cazes, l'ex-patron de la Coface, crée la start-up MyCercle

24 octobre 2013 - Le Figaro Economie du 24 octobre - Les Décideurs par Carole Bellemare avec Corinne Caillaud

Haut fonctionnaire, dirigeant de grande entreprise, écrivain et maintenant patron de start-up. Jérôme Cazes, ex-directeur général de la Coface, aura tout connu. "Essayer de faire des choses différentes", c'est son leitmotiv. A 59 ans, le brillant et atypique énarque, marié et père de quatre enfants, a porté mercredi sur les fonts baptismaux son nouveau bébé, sa start-up Internet, MyCercle. Sa vocation : "Aider les dirigeants de petites et moyennes entreprises à parler de leur boîte en toute confidentialité avec ceux qui comptent vraiment." Globalement, il offre au client abonné trois services : surveillance de sa réputation financière, construction de portraits de son entreprise adaptés à chaque cercle de partenaires (dirigeants, journalistes...) et conseils pour bien parler à chaque interlocuteur. Un projet mêlant com et high tech, donc. "Ce qui me passionne, c'est la technologie et que la technologie soit mise au niveau des gens qui ont du bon sens et ne sont pas des geeks." Dans l'ouvrage La Révolution des Cercles qu'il publie parallèlement, Cazes dénonce "l'ancien Internet", où il faut être transparent et dire tout à tout le monde - "ce qui n'a pas de sens dans la vraie vie des affaires" -, et aussi le "je vous échange mon outil Internet contre votre information". "Un troc faustien", dit l'initiateur du nouvel Internet des cercles dont le mot d'ordre est désormais : "Je dis confidentiellement ce que je veux à qui je veux." Il veut imposer MyCercle comme un porte-voix fiable, améliorant aussi le dialogue entre "les gros et les petits", en créant confiance et efficacité collective. Le voici donc aujourd'hui du côté des petits patrons, après avoir eu "un parcours hyperclassique" : l'Ensae, l'ENA, les Finances, les Affaires étrangères...Puis, à partir de 1989, la grande entreprise, avec la Coface, cette entreprise d'assurance-crédit au départ exclusivement française, publique et monoproduit, dont il a fait "un groupe privé, coté, dynamique, rentable, diversifié et présent dans 70 pays", tout en siégeant dans les hautes instances de la société mère, Natixis. La fierté de celui qui n'a jamais dénigré ni la haute administration, ni la grande entreprise, ni les PME, mais se veut "passeur". "Des années merveilleuses", même si au bout du compte, à 56 ans,"(il) s'est fait virer avec la réputation de quelqu'un qui a une image difficile". Un chasseur de tête avait alors conseillé à ce fils d'énarque, piqué de sculpture sur bois et de...taille de buis, de "faire ce qu'il aimait vraiment". Ce fut l'écriture (555, un thriller financier), l'enseignement (à HEC). Et donc aujourd'hui, la création d'entreprise.